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Le blog de Lee TAKHEDMIT

Le blog de Lee TAKHEDMIT

Blog de Maître Lee TAKHEDMIT, avocat pénaliste à POITIERS, NIORT, PARIS


L’avocat connecté ou l’obligation de cohérence

Publié par Lee TAKHEDMIT sur 25 Avril 2016, 07:00am

L’avocat du 21ème siècle est entré, qu’il le veuille ou non, dans l’ère numérique, dans laquelle baigne notre société depuis quelques années maintenant.

Cela m’apparaît normal, puisque notre profession est – doit être – à la fois témoin, spectateur et acteur d’un certain nombre d’évolutions de notre société.

La modernité numérique pour l’avocat, c’est à la fois utiliser quotidiennement le RPVA (réseau privé virtuel des avocats) pour gérer les actes de procédure, à la fois utiliser l’e-mail comme mode privilégié d’échange de correspondances et d’actes procéduraux, à la fois appréhender les nouveaux modèles de communication.

C’est ainsi que dès 2009, j’ai créé ce blog, à la fois comme exutoire psychologique, à la fois comme moyen de prolonger des réflexions entamées dans mes dossiers, à la fois pour partager des expériences et échanger avec les justiciables, plus généralement, l’ensemble des concitoyens qui prêtent un intérêt aux questions que génèrent la pratique judiciaire.

Puis, fin 2014, j’ai ouvert ma page professionnelle sur Facebook, autre moyen de communication très usité, au format un peu différent, plus interactif, qui permet à la fois de rendre compte de l’activité du cabinet, à la fois de partager plus directement des observations liés à l’activité judiciaire prise de façon générale.

Ces modes de communication dits « modernes » sont intéressants. Ils peuvent cependant présenter un éventuel inconvénient car ils ont pour support l’écrit, qui comme le disait Horace reste, là ou les paroles s’envolent.

Depuis quelques temps, on me sort régulièrement des extraits du blog, notamment, un peu à toutes les sauces.

Je plaide devant la Cour d’assises pour une tentative de meurtre, le journaliste qui rend compte de l’audience s’appuie sur l’article que je publiais sur le blog le matin même.

Je reproche publiquement à des enquêteurs de m’avoir écarté d’une garde à vue, je retrouve dans les éléments de l’enquête qui aura suivi une édition d’un article pondu sur le blog à propos de cet épiphénomène.

Je plaide devant les assises, une fois n’est pas coutume, du côté de la partie civile ; la consoeur qui plaide en défense me confie, après le verdict, qu’elle était venue à l’audience avec quelques articles que j’avais rédigés, qu’elle m’aurait balancés au visage pour le cas où j’aurais plaidé, pour la victime, quelque chose de contradictoire par rapport à ce que je peux écrire…

De manière générale, je pourrais dire que cela ne me dérange ni ne m’inquiète, car j’ai pour objectif d’être cohérent et cela réduit les chances d’être pris en défaut pour une franche contradiction entre mes actes et ce que j’annone à longueur de blog.

Toutefois, j’observe que ce petit jeu qui consiste à fouiller dans les « archives », sport favori de l’émission « le petit journal » pour les politiques, est assez désagréable.

Car l’objectif de cohérence peut parfois ne pas être atteint, le temps, l’expérience et la vie font parfois leur office et ce que l’on a écrit 10 ans avant peut avoir évolué par la suite, sans que l’on ait nécessairement à s’en expliquer après avoir été taclé à l’improviste, par exemple au cours d’une audience.

Enfin, puisque je préfère voir le verre à moitié plein, je confesse que cela peut aussi me motiver à essayer d’être encore plus cohérent, d’avoir des réflexions plus poussées avant d’écrire, ce qui ne peut pas faire de mal !

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