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Le blog de Lee TAKHEDMIT

Le blog de Lee TAKHEDMIT

Blog de Maître Lee TAKHEDMIT, avocat pénaliste à POITIERS, NIORT, PARIS


De la déontologie de l'expert psychologue

Publié par Lee TAKHEDMIT sur 18 Juin 2013, 12:11pm

Catégories : #Théorie judiciaire

Cour d'Assises de la Gironde.

Mon client est accusé de viols accompagnés de tortures et d'actes de barbarie ; un oncle qui a abusé de sa nièce, d'abord des atteintes sexuelles entre ses 12 et 15 ans, puis des relations complètes, à caractère sado-masochiste, jusqu'à ses 18 ans.

Ce dernier prétend que la jeune fille a toujours consenti à cette relation, et de fait la question se pose au regard d'un certain nombre d'éléments du dossier.

Vient le tour de l'expert psychologue qui, fait surprenant, a examiné à la fois mon client et la plaignante.

Pire encore, après être intervenu pour expertiser ces deux parties antagonistes, l'expert a accepté d'accompagner la partie civile dans le cadre de la confrontation organisée entre elle et le mis en examen.

Cela me semble tout de même poser un certain problème déontologique, car comme on peut l'imaginer, ledit expert a fait montre d'une empathie totale avec la partie civile, d'une foi inébranlable dans sa version, selon laquelle il n'y avait jamais eu aucun consentement à aucun acte.

La victime se rendait spontanément aux rendez-vous fixés de mois en mois, d'années en années? - Elle était sous emprise, nous répond l'expert.

Le propre père de la victime affirme qu'elle rentrait tout sourire de ses escapades avec l'oncle? - Mécanisme de défense nous rétorque-t-on.

Son psychiatre dit qu'elle allait mieux alors que les faits battaient leur plein? - Une mauvaise interprétation.

Des témoins disent l'avoir vue sur les genoux de son oncle lors de repars de famille? - L'emprise, encore.

Elle présente cette relation à une amie comme un flirt? A sa psy comme une relation amoureuse? - Sans effet sur mes conclusions, conclut notre expert multi-casquettes.

Existe-t-il une part d'autodétermination chez une adolescente de 15 ou 16 ans quant à son adhésion à une relation interdite par bien des aspects? 

Si tel est le cas, il semble que le meilleur moyen de la faire apparaître ne réside pas dans le fait de confier à un même expert le soin de se faire une religion sur la personnalité de la plaignante et de l'accusé, car à l'évidence le risque d'un parti-pris est prédominant.

Comme souvent, l'empathie va assez naturellement à la victime, ce qui en soi me semble recevable et admissible, même venant d'un expert.

Oter à l'accusé toute chance de faire examiner son cas par un expert impartial me le semble moins.

Un avocat ne peut défendre deux parties antagonistes mais un expert pourrait valablement et équitablement donner son avis sur la personnalité de l'un puis de l'autre?

Malheureusement, cette pratique a tendance à se multiplier, n'allant pas dans le sens d'un rééquilibrage entre l'accusation et les droits de la défense.

 

Commenter cet article

Lee 24/12/2013 12:05

Etonnant commentaire. Pour lire cet article sur ce blog confidentiel, vous devez au minimum vous intéresser aux sujets traités, or vous êtes totalement hors-sujet.
Naturellement je réprouve le comportement de mon client, qui moralement est répréhensible, pénalement également puisqu'il a été condamné à 15 années de réclusion.
Seulement, je m'interroge sur la partialité du système judiciaire, ce qui est fondamentalement différent.
Il faut parfois lire plus loin que le bout de son nez...

shoshanna 24/12/2013 01:00

ELLE ETAIT MINEURE DE QUEL CONSENTEMENT PARLEZ VOUS ? vous n avez pas honte ? il a fichu en l air la vie de cette enfant et c'est sa nièce !ecoeurant votre pseudo raisonnement. vous etes pareil que votre client.

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